Marche de solidarité des Tibétains de Suisse à l’occasion de l’Examen périodique universel des Droits de l’Homme pour la Chine | Asia Pacific Greens

Marche de solidarité des Tibétains de Suisse à l’occasion de l’Examen périodique universel des Droits de l’Homme pour la Chine

Campagne de la communauté tibétaine en Suisse et au Liechtenstein
Marche de solidarité des Tibétains de Suisse à l’occasion de l’Examen périodique universel des Droits de l’Homme pour la Chine
Intervention de Jean Rossiaud, Délégué des Verts suisses au Parti Vert européen et aux Global Greens
le 22 octobre 2013, Place des Nations / Genève

 

Monsieur le Président de la communauté tibétaine en Suisse et au Liechtenstein, Mesdames et Messieurs les membres du Parlement tibétain en exil, Mesdames et messieurs les représentants du Congrès mondial des Mesdames et messieurs, Cheres amies du Tibet et Cheres amies Ouïgours, Au nom du Parti des Verts de Genève, au nom du Parti des Verts suisses et en ma qualité de représentant des Verts suisses aux Parti Vert Européen et aux Global Greens (la fédération mondiale des partis verts), je vous remercie de m’offrir la parole pour vous adresser nos meilleurs message de paix et d’espoir.

Comme je l’ai déjà fait le 14 juin dernier, ici même devant le siège des Nations Unies à Genève, je vous réitère notre soutien dans votre lutte pour le respect de vos droits.

Aujourd’hui, vous vous retrouvez sur cette Place des Nations, et vous avez été plus d’une cinquantaine de femmes et d’hommes à marcher pendant 18 jours à travers toute la Suisse, pour porter la voix du peuple tibétain dans les villes et les villages. Votre courage et votre détermination sont admirables.

Ce matin, ici même à Genève, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU procédait à l’examen périodique universel de la Chine. C’est le second depuis la création du Conseil des Droits de l’Homme en 2006. Le premier avait eu lieu en février 2009.

Si nous prenons que les questions qui concernent le Tibet (nos amis Ouïgours nous le pardonneront), sur les 5 recommandations adressées en 2009 par la Communauté internationale à la Chine, et concernant spécifiquement le Tibet, 4 ont été refusées catégoriquement par la Chine.

Refusée la recommandation, portée par la Nouvelle Zélande, de reprendre le dialogue au Tibet.

Refusée la recommandation, portée par le Royaume-Uni d’accorder au Haut Commissariat des Droits de l’Homme, aux autres organismes des Nations Unies, ainsi qu’aux diplomates et aux médias internationaux, un meilleur accès au Tibet.

Refusée la recommandation portée par la République tchèque de réexaminer les lois et les pratiques, en particulier en vue d'assurer la protection de la liberté de religion, de mouvement, et d’assurer la protection de la culture et de la langue des minorités nationales, y compris les Tibétains et les Ouïghours.

Refusée, finalement, la recommandation portée par la Suisse de respecter les droits fondamentaux et les droits des minorités, dans le Xinjiang et au Tibet, et en particulier la liberté de culte et de mouvement.

De fait la Chine n’a accepté qu’une seule recommandation ! Celle portée par la Russie et concernant le développement économique. Cette recommandation demandait à l’Etat chinois de continuer à investir massivement ses ressources matérielles et financières, dans l’objectif de  enforcer le développement économique et social de l’ensemble de la Chine et en particulier du Tibet.

On sait pourtant que le développement centralisé, et effectué sans la collaboration active de la population tibétaine, constitue un danger d’assimilation culturelle, d’exploitation économique et de domination politique.

***

Comme vous le savez, les Verts suisses sont très sensibles au respect des droits humains au Tibet et dans l’ensemble de la Chine.

J’aimerais rappeler ici qu’en avril 2013, alors que le Gouvernement suisse refusait de recevoir le dalaï-lama, il a été accueilli par la présidente du Parlement – la Verte Maya Graf - la première citoyenne du pays. Ce signal n’est pas anodin !

Rappelons aussi, qu’il ne s’agit donc ici pour nous ni de défendre des positions idéologiques, ni de faire preuve d’ingérence ! Mais du simple respect universel de la vie, de la dignité et des droits qui les consacrent.

Nous sommes fiers, ici en Suisse, de pouvoir dire que nous accueillons la plus importante colonie tibétaine hors d'Asie. Cela nous donne une responsabilité particulière face au peuple tibétain.

Nous demandons donc, une nouvelle fois, que le Gouvernement suisse fasse preuve de davantage de courage politique et s’engage de manière plus offensive pour la défense des droits humains au Tibet.

Nous redemandons également à la communauté internationale qu’elle fasse pression sur la Chine pour que celle-ci accepte de mettre en œuvre les recommandations du Conseil des Droits de l’Homme, et notamment d’envoyer des observateurs neutres et indépendants, de différentes régions du monde, de différents partis politiques aussi bien que d’ONG, si possible sous l’égide de l’ONU.

 

Chers amis tibétains et chers amis ouïgours,

Sachez que je reste, à titre personnel, et que nous restons, nous les Verts suisses, à votre disposition pour vous soutenir dans vos luttes pacifiques pour le respect de vos droits.

Votre combat est le nôtre, parce que, répétons-le, il en va de notre propre dignité que la vôtre soit respectée.

 

Je vous remercie,

Jean Rossiaud, Délégué des Verts suisses au Parti vert européen et aux Global Greens